Formation citoyenne de service civique : En quoi un festival est un acte citoyen?

En tant que volontaire en service civique au sein de l’association, j’ai envie de vous raconter mon expérience d’une formation citoyenne, journée dont l’objectif est de véhiculer les valeurs de la république aux jeunes volontaires de la société française.
Ces journées, normalement obligatoires, sont proposées par des structures associatives en partenariat avec les institutions du gouvernement. comme la ligue de l’enseignement [structure principale dispensatrice de formation citoyenne dans les Côtes-D’Armor]. D’ailleurs, en 2016, des formations citoyennes autour des thématiques de la santé [Sexualité, santé à travers le sport et couverture maladie] et des outils numériques [Do It Yourself] seront dispensées dans les Côtes-d’Armor.
En octobre dernier, je me renseignais sur les différentes formations qui m’étaient proposées dans les Côtes-d’Armor. Je décide de pousser les recherches aux départements avoisinants et je tombe sur le site du département de l’Ile et Vilaine qui propose aux volontaires une formation ‘En quoi un festival est un acte citoyen?’ animée par l’administratrice de l’association ‘Le grand soufflet’, Caroline. Je saute alors sur l’occasion. Manque de chance, je la contacte en pleine période de festival. Elle n’est pas disponible pour répondre à ma demande. J’envoie un courriel pour montrer ma motivation et, deux semaines plus tard, je lui téléphone. Elle me dit qu’elle n’est pas sure de pouvoir m’accueillir et qu’elle doit faire un point sur les nombreuses demandes afin de voir s’il reste de la place. Quelque temps après, je reçois quand même une confirmation !

DIY Reporté

Une promotion très éclectique de volontaires pour rendre les échanges intéressants

Nous étions une vingtaine de jeunes. Trois d’entre eux réalisaient leur engagement dans le centre biologique de la forêt de Paimpont, antenne de l’université Rennes 2. Deux d’entre elles travaillaient au sein d’une grande ONG, un dans l’équipe de l’association covoiturage +, une avec une compagnie de danse, une au sein même du grand soufflet, une autre dans une auberge de jeunesse et une dernière au sein du collectif Tomahawk avec qui nous partageons de nombreuses valeurs communes.
Chacun se présente alors et partage aux autres ce qu’il vit dans son association à travers les missions qui lui sont attribuées.

Mais c’est quoi, un festival au juste ?

Caroline nous explique alors qu’un festival, c’est un projet artistique et un projet culturel. Elle s’appuie sur le festival du grand soufflet, qu’elle connaît très bien, puisqu’elle y occupe son poste d’administratrice depuis 7 ans. Le projet artistique du grand soufflet, c’est de faire connaître l’accordéon sous tout ses formes. Le projet culturel, ou projet territorial, c’est de créer de vitaliser le territoire en rendant les communes actrices du festival à travers l’organisation et la promotion de concerts assurés par leurs propres moyens. Le grand soufflet s’occupe de l’organisation des spectacles sous un chapiteau au Thabor et accompagne les mairies dans le choix des artistes issus de la programmation artistique élaborés par l’association.
Le grand soufflet, c’est un festival départemental, qui a su donner de l’autonomie et les outils nécessaires aux institutions pour qu’elles agissent sur le territoire.
J’en conclus qu’un festival, c’est une manifestation, c’est un rassemblement, un moment de rencontre, qui dure au moins deux jours avec un projet artistique et territorial.

Et alors, le festival, c’est citoyen ?

Caroline part du postulat qu’un festival est un acte citoyen à la base, du moins en Bretagne, où ils ont tous une vocation sociale et pas uniquement commerciale.
J’ai participé à des grands festivals comme les vieilles charrues, les chants de marins le Festival Interceltique de Lorient, le bout du monde, art rock. J’en ai aussi fait des plus petits, comme la java dans les bois. J’ai essayé en tant que festivalier et en tant que bénévole.
Je remarque qu’à chaque fois, c’est une immersion dans une mer d’énergies humaines revitalisante. Je trouve ça puissant. Quand je quitte ces bassins de vie éphémère, je me sens nu, seul, à découvert, et aussi avec l’envie que cela recommence. Rien que pour ces sensations, je recommencerai. Et puis, j’ai l’impression que tous les festivaliers avancent dans le même sens, celui de la découverte, du partage et du plaisir.

Les conclusions après trois ans d’analyses

Pour appuyer ce postulat, Caroline nous explique que des méthodes existent pour prouver que l’organisation d’un festival apporte une vraie valeur supplémentaire sur les territoires concernés. Avec les transmusicales et trois autres festivals d’Ile et Vilaines, ils ont décidé de faire appel à une spécialiste pour faire émerger des réponses tangibles à la question ‘Qu’apporte un festival sur un territoire’?
Toutes les parties prenantes de chaque festival ont été invitées pour répondre à cette question à travers la méthode des post-its. Il en est ressorti des dizaines d’idées. Ces idées ont été classées en cinq grandes catégories. Je n’ai pas la liste, car ces informations seront dévoilées vendredi 04 décembre à 14h00 au 4 bis à Rennes dans le cadre des transmusicales. La preuve est désormais bien là, un festival, c’est un acte citoyen.
Ce que j’en retiens que chaque festival à ses spécificités, mais il reste encore beaucoup à faire en terme de mixité sociale et de valorisation de l’économie locale. Pour moi, plus on valorisera les savoir-faire locaux, plus les générations seront mélangées, plus les styles de musiques seront éclectiques, plus le territoire sera valorisé, plus un festival sera citoyen !

Léo

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